Bienvenue au domaine provincial de Wégimont

Voyages

Entre loisirs, balades champêtres et découverte du patrimoine, l’endroit a bien des atouts.

 

Par Frédéric Marchesani

Situé dans la commune de Soumagne, aux portes du pays de Herve, à une quinzaine de kilomètres de Liège, le domaine provincial de Wégimont s’étend sur une superficie de 22 ha au cœur d’un parc boisé. Point névralgique du site : le château de Wégimont, aujourd’hui aménagé en centre d’hébergement. Tout autour, les activités sont aussi variées que nombreuses. On y trouve un complexe de piscines chauffées, un parc de loisirs comptant notamment une plaine de jeux et un minigolf, sept étangs dont un réservé à la pêche, un arboretum, un camping ou encore une galerie culturelle. Une journée de détente et d’amusement à Wégimont permet également de découvrir le patrimoine des lieux.

Les drames de l’histoire

Le domaine de Wégimont trouve ses racines à la Renaissance. Il fait alors partie de l’avouerie de Fléron, qui dépendait de la principauté épiscopale de Liège. Les châtelains de Wégimont n’avaient aucun droit de justice comme seigneurs des lieux. Son histoire a connu plusieurs épisodes dramatiques. En 1636, le château est assiégé et partiellement détruit par le parti des Grignoux, représentants du peuple, au cours d’une guerre civile liégeoise qui les opposa aux Chiroux, partisans du prince-évêque. Il est par la suite reconstruit et remanié par les propriétaires.

En 1920, grâce à une donation de la famille d’Oultremont, le domaine devient la propriété de la province de Liège. Celle-ci achète ensuite un peu plus de 18 ha de terrains aux alentours, mais il faut attendre bien des années avant que le site ne soit doté d’une affectation. La loi de 1936 sur les congés payés apporte une impulsion nouvelle : le site, à la fois proche de Liège et de Verviers, est aménagé en centre de repos et de loisir. Le domaine provincial de Wégimont est inauguré par le roi Léopold III le 21 août 1938. Mais, occupé par l’armée allemande dès mai 1940, le château connaît une funeste destinée au cours de la Seconde Guerre mondiale.

L’occupant y installe en effet un « Lebensborn », une clinique dont le but est de développer la race aryenne. Des femmes, considérées comme parfaitement aryennes, y sont forcées de concevoir les nouveaux-nés avec des SS, puis d’accoucher anonymement et de remettre l’enfant aux soldats en vue de constituer l’élite du futur. Le complexe devient un camp pour prisonniers allemands après la libération, puis un centre de revalidation pour les soldats américains. Dès 1945, il reprend ses activités « normales », jusqu’au drame du 26 mai 1964. Un incendie ravage ce soir-là le château, causant la mort de dix-sept personnes qui y logeaient. Il faut attendre 1976 pour que soit entreprise la reconstruction de l’aile nord, et 1980 pour l’aile sud. De nos jours, la partie centrale que constituait l’aile est manque encore à l’édifice: trop endommagée, elle n’a pu être reconstruite.

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Le bonheur actuel

Parmi les activités du domaine, le canotage. ©Guy Focant / SPW-AWaP

Le château est une imposante construction dont les origines remontent au XVe siècle, mais dont les édifices actuels datent en majeure partie des XVIIe et XVIIIe siècles. La portion la plus ancienne conservée est une tour avec deux fenêtres gothiques située au nord de l’ensemble. Après la destruction de 1636, les Aspremont-Lynden augmentent considérablement la taille du château et le transforment en demeure de plaisance. L’édifice est entouré de douves et isolé au milieu d’un parc. Sur la façade, outre deux têtes féminines et deux têtes de lion, on trouve aussi, entre les fenêtres des étages, une pierre sculptée aux armoiries de la province de Liège.

La toiture, autrefois surmontée d’un campanile à bulbe, a disparu dans l’incendie et a été remplacée en 1981 par une composition plus simple, proche de celle des deux autres tours du château. Le pays de Herve est riche d’exemples de ce style d’architecture.

Le parc d’origine a gardé sa physionomie générale après sa reprise par la province de Liège. Dessiné dans le style paysager durant la majeure partie du XIXe siècle, il prend place sur un terrain au relief mouvementé, qui crée une série de points de vue naturels. Sept étangs se succèdent du nord au sud du parc, formés par un ruisseau venant de Soumagne qui alimentait autrefois les moulins d’Ayeneux. Dominant le dernier étang, au sud, on trouve un beau belvédère installé sur une formation rocheuse artificielle au milieu d’un petit bois. Il prend la forme d’un temple grec avec ses piliers d’ordre ionique et ses bas-reliefs à l’antique.

Sa composition s’inspire du temple de la Sibylle des jardins d’Este à Tivoli. Un bonheur.

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INFOS

Domaine provincial de Wégimont
Chaussée de Wégimont 76, 4630 Soumagne
www.provincedeliege.be/wegimont
chateau.wegimont@provincedeliege.be
04 279 24 00

Préparez votre visite

Une réservation en ligne est obligatoire pour accéder au parc, aux piscines et aux barbecues du domaine. Celui-ci ouvre ses portes à 9 h 30 jusqu’au 31 août. Le minigolf, le canotage et les barbecues sont accessibles de 10 h à 19 h et jusqu’à 18 h 30 pour les piscines. Toutes les infos pratiques sont consultables sur le site web du domaine.